Pharaon. Mon royaume est de ce monde par Christian Jacq (XO Editions, 2018)

Publié le 21 Décembre 2018

Pharaon. Mon royaume est de ce monde est le dernier roman de Christian Jacq. Il m'a laissé sur ma faim. Je ne suis pas un fan invétéré de cet auteur, même si j'avais lu avec plaisir le Juge d’Égypte et son Imothep.

 

Ici, Jacq s'attaque à un monstre : Thoutmosis III. Des notes émaillent le roman, ce qui est plutôt plaisant. Elles ne cassent pas non plus la lecture. La vie du pharaon, présentée dans le roman, est réellement historique et certains des personnages ont bien existé. C'est le cas de la famille du pharaon (je n'en dis pas plus). Djéhouty ou Rekhmirê ont aussi une existence historique, même si les fonctions peuvent varier. De même, les passions du pharaon, que Jacq évoquent dans le roman, sont attestées par l'historiographie.

Jacq prend parfois des libertés avec la réalité, sans doute pour des raisons de scénario et afin de ne pas surcharger l'histoire avec des faits et des personnages qui ne serviraient pas l'action.

En parlant d'action, justement, il ne faut pas trop en attendre. Malheureusement, je pense qu'il y a certaines choses prévisibles. Je me suis ennuyé à certains moments. J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages, sauf peut-être au Vieux et son âne Vent du Nord. Pour le reste, je n'ai même pas été surpris par la fin (tout ça pour ça, me dis-je au final).

Alors oui, ce roman propose quelques bonnes idées et l'aspect historique est tout à fait crédible. Malheureusement, l'histoire brodée autours est assez monotone. Le fait qu'il utilise les sources connues, notamment les récits des campagnes militaires du pharaon, mais aussi les onze heures du Livre de l’Amdouat, rend sans doute l'histoire répétitive et donne cette impression de monotonie.

Nous découvrons aussi le temple de Karnak et ses employés. Nous percevons, à travers le roman, l'importance de ce temple et de son clergé, ainsi que sa richesse et son influence.

Finalement, je pense que c'est un format un peu bancal, car il oscille entre la biographie romancée à la Max Gallo et l'essai, mais l'ensemble avec une trame et des personnages inventés. C'est donc décevant pour les habitués des romans de Christian Jacq, mais aussi pour ceux qui aiment bien ses essais. Je n'ai toutefois pas abandonné et, pour le côté historique, cela reste de bonne facture, car l'auteur reste attaché à certains détails.

En terme de livres universitaires, pour compléter éventuellement ce roman, il existe la très volumineuse et complète biographie de Françoise Maruéjol, Thoutmosis III et la corégence avec Hatchepsout (Pygmalion, 2014).

 

Rédigé par Simon Levacher

Publié dans #littérature

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article